Borom Diamal
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La vie et l’oeuvre de borom diamal

El-Hadji Abdoulaye Cissé,  fondateur de l’Ecole de Diamal (1840-1925): une vie  au service de l’islam. Ce marabout enseignant est né en 1840 à Wanar dans la région de Kaffrine dans une famille réputée dans l’apprentissage et l’enseignement du Coran, de la langue arabe et des sciences islamiques. Son père s’appelait Ousmane Coumba, fils de Birane Cissé. Sa mère se nommait Awa  Khady Ndoumbé Dramé,  Elle  était originaire de Baytide et fut la sœur de Serigne Malick Dramé,  dit Serigne Por. – Ses études coraniques Serigne Abdoulaye Cissé a commencé ses études coraniques sous la direction de son père à Wanâr Il se rendit ensuite à Bambaly, village qui fut, à l’époque, un centre connu dans le domaine de l’apprentissage et de l’enseignement arabo-islamique.  Arrivé à Bambaly, il devint  Talibé de son oncle maternel, le Cadi Serigne Haly Katim Cissé,  auprès de qui il mémorisa  le Livre saint.  Il retourna chez son père et apprit, sous sa direction, un certain nombre de livres tels que Al-Akhdarî, Al-Asthmawî, et la Risâala d’Abû Zayd al Qayravanî.   El-Hadji Abdoulaye Cissé avait  constaté qu’au Saloum, la plupart du temps, lorsqu’un Talibé mémorisait le Coran, il s’en tenait à ce stade. Mais, pour lui, cela ne suffisait pas; il voulait donc aller plus loin dans ses études. C’est la raison pour laquelle il entreprit plusieurs voyages d’études afin de pouvoir poursuivre ses humanités loin de sa famille auprès des enseignants réputés dans ce domaine.   Ainsi, il  se rendit auprès de célèbres Serignes-Daaras en dehors de son Saloum natal. Ses voyages d’études se sont réalisés selon les étapes suivantes : L’étape de Mbacké Cayor chez Mâm Môr Anta Saly Mbacké (1868-1872.  Ce dernier se trouvait avec Serigne Por à l’École de Modou Bamba Sall de Bamba Thialène.  Il tenait un important foyer d’enseignement islamique à Mbacké Cayor.          Serigne Abdoulaye Cissé encadra ses talibés et le fils du marabout,  tout en poursuivant ses propres études.  Son marabout lui confia aussi la charge d’écrire, sur les tablettes, les leçons destinées aux talibés débutants. Il a appris des matières telles que la grammaire, la rhétorique,  la métrique (carûd) et d’autres ouvrages théologiques, juridiques et littéraires sous la direction de Mâm Môr Anta Saly auprès de qui il resta quatre années .     L’étape de Saint-Louis (1872-1876)  Accompagné de ses élèves, Cheikh Anta Mbacké, Elimane Sakho, et Tafsir Abdou Cissé, parmi tant d’autres, le fondateur de Diamal continua ses études à Saint-Louis, chez Serigne Massamba Diop  et  Serigne Ahmadou Ndiaye Ma-Bèye. Il étudia auprès d’eux le livre intitulé : Muqaddimat Ibn Bouna (l’Introduction d’Ibn Bouna), la rhétorique, des ouvrages de Fiqh, de littérature  et  le livre d’ihmirâr en grammaire. C’est dans cette ville qu’il rencontra son condisciple, El-Hadji Malick Sy, chez un dignitaire du nom de Serigne Môr Massamba Dièry Diéng. Les deux talibés suivaient des cours dans un même cercle d’études. Ils  nouèrent d’excellents rapports d’amitié et de respect mutuel. Après avoir maîtrisé les principales matières qu’on étudiait au Sénégal et passé quatre ans à Saint-Louis, il décida de poursuivre sa formation en Mauritanie. Il dit à Cheikh Anta Mbacké : « Toi, je dois te ramener chez ton père.» Ce qu’il fit effectivement . Il confia ses talibés, Tafsir Abdou Maram Cissé et Élimane  Sakho, à El-Hadji Malick Sy pour leur éviter les risques et les peines du voyage.    Voyage d’études en Mauritanie (1876 -1883) et le début de son enseignement dans le Cayor  Arrivé au pays des Maures, il descendit dans un village nommé Toulba, chez un grand savant, Cheikh Aboubacar  ad-Daymânî, de la tribu des Tandaqa.  Il révisa et approfondit avec lui ce qu’il avait appris au Sénégal. De même, il  étudia auprès de lui d’autres disciplines et sciences arabo-islamiques telles que le tasawwuf (Mystique) et l’exégèse du Coran. Ce marabout maure lui enseigna  le droit islamique (fiqh) et sa méthodologie (‘usûl al-fiqh), le partage successoral (cilm al-mîrâth) et l’astronomie.  Il resta en Mauritanie longtemps afin d’approfondir ses connaissances arabo-islamiques avant de revenir définitivement au Sénégal en 1985, sur l’autorisation de son maître.  Au terme de son séjour en Mauritanie, son maître, Ad-Daymânî, lui attribua des Ijâzas  (licence, attestation de maîtrise) dans différentes spécialités . Il  lui donna le Wird tijân et l’autorisa à faire de même.  Retour à Saint-Louis (1883)    Lorsque Serigne Abdoulaye Cissé quitta la Mauritanie, en direction du Saloum, il s’arrêta à Saint-Louis  où il resta deux années afin de réviser et de  consolider  ce qu’il avait appris chez les Maures. Cependant, il allait de temps en temps à Ahlou-Laye rendre visite à son oncle, El-Hadji Dramé . C’est dans ce village qu’il fit la connaissance de Khaly Madiakhaté Kala et de Serigne Samba Toucouleur Ka.    Son  passage au Cayor  Arrivé au Cayor avec l’intention de regagner son Saloum natal, il descendit chez le Cadi Madiakhaté Kala qui lui demanda ce qu’il comptait faire. Quand Serigne Abdoulaye Cissé informa Khaly Madiakhaté Kala et Serigne Samba Toucouleur Ka de son intention de rentrer au Saloum, ils lui dirent : « Abdoulaye, nous te conseillons de ne pas aller au Saloum actuellement parce qu’il y a deux clans qui se combattent: celui des Serignes et celui des non musulmans (Thièddo). Ces derniers attaquent souvent les marabouts enseignants. » Cadi Madiakhaté Kala (1835-1902) lui dit qu’il était dangereux  d’y aller.  Il lui conseilla vivement  de rester au Cayor, d’aller au village de Cherif Lô en attendant que le calme revînt. C’est ainsi qu’il resta à Chérif-Lô (1887-1892)   C’est à Cherif Lô qu’il commença effectivement à enseigner. Il attira rapidement l’admiration des apprenants en gagnant leur confiance par la qualité de son enseignement et son approche pédagogique. Des talibés originaires du Saloum, informés de sa présence au Cayor, ne pouvant plus attendre son retour au Saloum, allaient le retrouver à Chérif Lô pour  apprendre l’arabe et les sciences islamiques. Parmi eux on peut citer, entre autres,  Serigne Abdou Karim Diouf, El-Hadji Mouhamed Diama Ka, El-Hadji Ismaël Diama Ka , Babacar Cobor Ndaw, El-Hadji Ahmadou Cissé, El-Hadji Alioune Fatou Cissé, Serigne Alioune Ata Dramé, Serigne Masakho Anthia. Toutes ces personnes  ont fondé eux aussi des daaras au Saloum à leur retour.    De Chérif Lô il se  rendit à la Mecque en 1888  en compagnie de Birane Hawa Ndey Cissé . En cours de route,  il rencontra  El-Hadji Abdoulaye Niasse qui lui dit : « Abdoulaye Cissé, j’entends parler de toi.  Il faut rentrer au Saloum où l’on a besoin de toi. Il y a encore de l’obscurantisme.» Avant son départ pour le Haj, Serigne Abdoulaye Cissé avait confié la Daara à Serigne Abdou Kandji qui assura l’intérim  avec compétence et efficacité. El-Hadji Abdoulaye Cissé, de retour à Cherif-Lô,  reprit son enseignement cinq ans durant avant d’aller s’installer au village de Ndiery près de Pire où il resta de 1892 à 1896  Il quitta Ndiery pour aller s’installer à Kacoune Keur El-Hadji Mbacké près de Tivaouane de 1896 à 1900.  Selon  El-Hadji Malick Ndiaye,« El-Hadji Abdoulaye Cissé avait quitté Ndiery pour venir s’installer ici où il entretenait de solides relations avec El-Hadji Malick Sy ».  La raison principale de ce déplacement est que ses talibés étant devenus de plus en plus nombreux, la qualité de  son enseignement ayant fait écho, les étudiants venant du Cayor, du Baol et du Saloum, entre autres, il lui fallait donc plus d’espace pour mieux les entretenir .  Le retour définitif d’El-Hadji Abdoulaye Cissé au Saloum en 1900 Le Saloum suivait de près Serigne Abdoulaye Cissé tout au long de ses déplacements au Cayor. Les Saloum-Saloum avaient eu aussi écho du très haut niveau de sa formation, de ses compétences, et de son enseignement de qualité. C’est pourquoi ils demandaient souvent, avec insistance son retour dans sa patrie afin de contribuer à la formation intellectuelle des fils du Saloum.  Son passage à Ndimberé (1900-1910)  Au total, le fondateur de Diamal a passé plus de 30 ans (1868-1900) dans ses pérégrinations entre l’apprentissage et l’enseignement arabo-islamiques. De retour au Saloum en 1900, il descendit à Ndimberé,  chez son grand frère El-Hadji Mapenda Cissé. Les parents du Saloum l’accueillirent chaleureusement, lui manifestèrent leur confiance, leur affection, leur satisfaction et leur volonté de le soutenir.  C’est la raison pour laquelle El-Hadji Abdoulaye Cissé n’a pas rencontré de difficultés majeures pour implanter son École. Les talibés Ndiangâne  de différentes catégories venaient le trouver à Ndimberé, du Saloum, du Cayor, du Baol, de Dakar et de la Gambie,  pour poursuivre leurs études coraniques et islamiques.  Ndimberé fut le premier foyer islamique où El-Hadji Abdoulaye Cissé a fondé  son école à son retour du Cayor. Les Talibés placés sous la direction d’El-Hadji Abdoulaye Cissé à Ndimberé Des dizaines de Talibés  étaient à Ndimberé avec le marabout Abdoulaye Cissé  on peut citer entre autres: Serigne Mor Fana Seck, El-Hadji Alioune Fatou Cissé, Serigne Makhtar Diop, originaire de Dakar, Serigne Abdoulaye Gningue de Rufisque, Serigne Halsèni Cissé, Serigne Madiabel Sakho, Serigne Ibrahima Sangab Touré, Serigne Ibrahima Diangne Mandâq du Fouladou,  El-Hadji Thierno Dramé Ahlou-Laye, Serigne Habîbou Ndiéguene, Serigne Alioune Kandji, Serigne Amat Sarr, du Walô, Serigne Môr Diop,  de Gandiol,  Serigne Ahmadou Sall, Serigne Omar Diop de Gandiol, Momat Khoulé Ba de Sôkône, père de Babacar Bâ, ancien ministre des Finances, El-Hadji Babacar Mèna Cissé, Serigne Haly Ndaw, originaire de Diokoul, Serigne Momat Dramé, Serigne Babacar Cobor Ndaw. On voit ici même la diversité d’horizons  et de régions d’où venaient tous ces talibés dans la Sénégambie   Il passa dix ans dans ce village avant d’aller fonder Diamal en 1910. El-Hadji Abdoulaye Cissé décida de créer un village où il pourrait s’adonner librement à l’enseignement, à l’éducation et à la formation des musulmans: un endroit calme pour  l’enseignement, mais également où il serait en mesure de mener des travaux agricoles. Il entreprit des déplacements dans les villages environnants et dans les forêts.   La fondation de l’École de Diamal : localisation de Diamal et origine de son nom Diamal est situé à trois kilomètres de Mbirkilâne.  Le fondateur avait donné à ce village le nom de Madina al-Mounawwara, mais cette appellation reste peu connue. « Diamal » est une herbe qui pousse dans les marigots. Selon Serigne Ahmad Cissé, cette herbe s’appelle Ndiamal, mais il y a eu transformation phonétique de ce terme.     Il créa ce foyer religieux  en vue de  l’enseignement, de l’adoration de Dieu et du  travail. Selon El-Hadji Yousoufa Cissé, l’un des fils du fondateur, près d’une centaine de Talibés le rejoignit  à Diamal entre 1910 et 1914. Il y avait, à l’époque, deux catégories de Talibés : des célibataires et des Talibés mariés et pères de famille.  Son talibé El-Hadji Alioune Fatou Cissé fut son bras droit à qui il confia l’enseignement depuis 1911, une mission qu’il a parfaitement remplie pendant et après le décès du fondateur.   El-Hadji Abdoulaye Cissé qui fut un soufi et fervent pratiquant de la Sunna est décédé le dimanche  15 février 1925  à 5 heures du matin. Il fut enterré le même jour.  Ainsi, à  sa mort, des contemporains et certains Talibés lui consacrèrent des élégies fort élogieuses. Son fils aîné El-Hadji Babacar Cissé fut son premier calife; alors que la famille d’El-Hadji Alioune Fatou Cissé (mourut en 1959) et celle de Serigne Ahmadou Sokhna Cissé (décédé en 1966) continuent à assurer l’enseignement avec efficacité.  Diamal reste, depuis sa fondation, un des plus célèbres foyers d’enseignement arabo-islamique dans la Sénégambie et, ce, grâce à ses programmes d’enseignement du Coran et des sciences islamiques, à ses méthodes pédagogiques, à ses démarches didactiques et  à la qualité de son enseignement. L’école de Diamal a relevé considérablement le niveau de l’enseignement et de la formation arabo-islamique. Le rayonnement de ce foyer islamique est observable essentiellement au Saloum mais aussi, dans tout le  Sénégal et en Gambie.   

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