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L’avortement.

Tout d’abord, il est nécessaire de rappeler que la vie du foetus, à l’instar de la vie humaine en général, est sacrée en Islam. A ce titre, elle se doit d’être gardée et protégée dans la mesure du possible. On peut se faire une idée de l’importance reconnue au foetus lorsqu’on considère le fait que la jurisprudence musulmane autorise à la femme qui est enceinte et qui craint pour la santé du futur bébé de ne pas jeûner durant le mois de Ramadhân (et de remplacer les jours ainsi manqués plus tard) … alors que la pratique du jeûne du Ramadhân compte parmi les cinq piliers les plus connus de l’Islam…

Plus révélateur encore:

A l’époque du Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam), une femme (« Al Ghâmidiya ») était tombée enceinte après avoir commis l’adultère… Comme elle était venue se dénoncer devant le Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam), celui-ci prit la décision d’appliquer la peine prévue,  mais pas avant que la femme en question n’eut accouché et complété la période d’allaitement…

C’est pourquoi, comme le souligne Cheikh Qaradâwi r.a., la règle de base en Islam par rapport à l’avortement, c’est l’interdiction. Néanmoins, cette interdiction peut être plus ou moins sévère, en fonction des circonstances et surtout en fonction du moment où a lieu l’interruption de la grossesse… (Réf: « Fatâwa Mou’âsirah » – Volume 2 / Page 547)

Ecole mâlékite : L’avis le plus fiable au sein de l’école mâlékite est que l’avortement est interdit depuis le début même de la grossesse. (Réf: « Al-Qawaaneen al-Fiqhiyyah » de Ibn Djizzi – Page 141 – « Al Fiqh oul Islâmiy »)

Il est à noter que, sur cette question, bon nombre de savants contemporains ont adopté une position qui, finalement, va dans le sens de celle qui a été définie par les experts de l’école hanafite…

Cheikh Wahbah Az Zouheïli écrit ainsi:

« Et je donne préférence (à l’avis stipulant) l’interdiction de l’avortement depuis le début de la grossesse, sauf en en cas de nécessité ou dans le cadre d’une raison valable (…) »

Ecole hambalite: Selon le rapport de Cheikh Wahbah Az Zouheïli, l’avis de l’école hambalite sur cette question est similaire à celle de l’école hanafite. (Réf: « Al Fiqh oul Islâmiy » – Page 2648)

Ecole châféïte: Il y a principalement trois avis qui sont rapportés de l’école châféite concernant l’interruption de la grossesse avant l’insufflation de l’âme:

– Une opinion est assez proche de celle des hanafites. (C’est là l’avis qui a la préférence du juriste châféite, Al Ramali r.a.).

– L’autre avis est qu’il est permis mais déconseillé (« Makrouh ») d’avorter avant 40 jours de grossesse. (Si cela devait se faire, l’accord des deux époux serait nécessaire.) Après 40 jours, l’avortement est strictement interdit. (Réf: « Al Fiqh oul Islâmiy » – Page 2648)

– L’avortement est interdit depuis le moment où a lieu la fécondation. Cette troisième opinion est celle qui a été retenue par l’Imâm Abou Hâmid Al Ghazâli r.a. » (Voir « Ihyâou ouloûmi dîne », Volume 2 – Page 47).

Cheikh Qaradâwi affirme pour sa part:

« La règle de base en ce qui concerne l’avortement est l’interdiction. Cette interdiction prend de l’ampleur en fonction de l’état d’avancement et de développement du foetus. Ainsi, durant les quarante premiers jours de grossesse, l’interdiction est la plus légère. C’est pourquoi, l’avortement sera autorisé dans ce cas pour des raisons valables. Après la période de quarante jours, l’interdiction devient plus forte; l’avortement ne sera alors toléré que pour des motifs plus graves (par rapport à l’étape précédente), motifs qui seront déterminés par des personnes versées dans le « Fiqh ». Et l’interdiction continuera ainsi à prendre de l’ampleur (…) » (Fatâwa Mou’âsirah – Volume 2 / Page 547)

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